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La Galerie


O! Wie bin ich glücklich!

Après la publication chaleureusement médiatisée de mon ouvrage photographique SANS DEBUT NI FIN, LE CHEMIN DU MUR DE BERLIN (Ed. Noir sur Blanc et Benteli Verlag, 2009) paru à l’occasion des 20 ans de la Chute du Mur, j’ai choisi de présenter sur mon site internet un nouveau travail photographique.


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O! Wie bin ich glücklich! (Ô ! Que je suis heureuse !)
est une série de cinquante-deux photographies couleur, réalisées entre juillet 2009 et mars 2010, dans un appartement d’un immeuble de 1905 du quartier du Wedding à Berlin. Käthe K., qui en 1939 légendait une de ses photos-souvenir par ces mots - O! Wie bin ich glücklich! - est décédée en janvier 2010. Berlinoise de toujours, Käthe K. est née en 1917 et a grandi dans le quartier de Neukölln.

Elle est veuve de guerre à 24 ans comme le laisse entendre la photographie annotée « Heiligabend 1942 » (Noël 1942) où, sous le sapin décoré, est exposé le portrait de son mari soldat disparu sur le front russe, à peine deux ans après qu’elle ait tracé à l’encre rouge : O! Wie bin ich glücklich! Käthe K. n’a pas eu d’enfants. Elle repose, selon son voeu, dans une tombe anonyme du Urnenfriedhof (Cimetière des urnes), dans le quartier ouvrier du Wedding.

Je dois à Käthe K. l’étincelle qui m’a fait partir seule, à pied, en hiver, sur le Chemin du Mur de Berlin. Käthe K. étant aveugle depuis de longues années, je lui dois d’avoir découvert avec elle, en allemand, La Montagne Magique, Les Buddenbrooks… . Käthe est devenue une confidente, une grand-maman d’adoption. A sa mort, sa famille éloignée, a paré au plus économique : ses meubles et ses affaires de toute une vie ont été jetés par sa fenêtre au troisième étage. Alors que je revenais de Suisse avec mes valises, entre neige et gravillons, mon attention a été attirée par des taches dans le carré d’herbe : un bouchon de bouillotte, une lime à ongle et une clef. C’est de cette façon brutale que j’ai compris comment son décès avait été liquidé.

Je ne puis me résoudre à admettre qu’il ne reste de sa vie que ces objets dérisoires trouvés dans l’herbe.

O! Wie bin ich glücklich! est un hommage à Käthe K., dont les cendres reposent sous le sable d’un cimetière berlinois.

Dominique de Rivaz, avril 2010

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Mention obligatoire :   © Dominique de Rivaz, 2010