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REVUE DE PRESSE


JEUX (Editions Zoé)

Jeux DE RIVAZ-copie-1Le mot jeu vient du mot latin jocus, qui, d'après le Gaffiot, veut dire, dans son sens premier, plaisanterie, badinage, et, dans son sens second, au pluriel,  joci, les jeux, les ébats, les amusements.

 

Dans les différents petits textes deDominique de Rivaz qui composent son dernier livre, ces deux sens voisinent, d'une page l'autre, se suivent et, quelquefois, finissent par se confondre.

 

En quelques lignes, en effet, ces textes, qui occupent les pages impaires du livre, plantent un décor, racontent une histoire où le jeu prend des sens dérivés de ces deux familles d'acceptions et met en opposition, ou en parallèle, le monde des adultes et celui des enfants.

 

Dans ces textes il y a un certain nombre de fillettes - peut-être toujours la même. Elles imitent les gestes ou les amusements, innocents ou pas, de leur père ou de leur mère.

 

Ces fillettes sont parfois victimes d'un homme dont les jeux de main sont ceux d'un vilain et qu'on leur demande de dessiner, pour l'identifier.

 

Ces fillettes peuvent être moqueuses quand vient l'adolescence ou embarrassées quand elles ont un besoin pressant ou quand elles se transforment avec la puberté.

 

Les garçons ne sont pas plus innocents qu'elles quand ils lorgnent l'entrejambe de la bonne ou quand ils jouent à embrasser leurs soeurs sur la langue, sans en bien comprendre toutefois la finalité.

 

Filles ou garçons, ils n'aiment guère les odeurs et les haleines fortes, d'alcool ou pas, que les adultes exhalent et se pincent alors le nez.

 

Quelques faits divers, vrais et cruels plus tard, ce sont les adultes et leurs relations troubles entre eux qu'épingle l'auteur, toujours en aussi peu de mots.

 

Car Dominique de Rivaz raconte ces histoires bien observées, ou bien imaginées, quelque peu perverses, en allant à l'essentiel, sans se perdre en digressions inutiles. Il en résulte des textes forts qui prouvent bien qu'il n'est nullement besoin de délayer pour être entendu, et qui ont l'avantage de pouvoir être relus indéfiniment, pour en goûter toute la quintessence.

 

L'ensemble de ces textes constitue un monde pas toujours avouable, ni avoué, dont les accents sont ceux de l'authenticité, qui est révélateur de notre humaine condition, où les jeux font accepter bien des choses qui ne le seraient certainement pas autrement.

 

Francis Richard

 

Jeux, Dominique de Rivaz, 144 pages, Zoé

 

Précédent livre de l'auteur chez le même éditeur:

Rose Envy

 


La Liberté

"La réalisatrice et écrivaine suisse Dominique de Rivaz signe un petit recueil d'une mystérieuse poésie. Les habitant d'un quartier s'y croisent en de bien étranges jeux, tour à tour pervers ou anodins, entrevus en de petites saynètes épurées. Enfants et aînés, parents et amants s'essaient à l'amour et à la douleur sourde. Nulle joie dans l'enchevêtrement de ces bribes d'existence, tenues par un puissant sens de l'observation de la violence." TR

Vigousse

La cinéaste et scénariste suisse Dominique de Rivaz s'essaie depuis 2008, avec brio, à la littérature (Douchinka, La poussette et, en 2012, le mordant Rose Envy. Son dernier petit opus est un bouquin venu d'ailleurs; le format est insolite, les textes lapidaires et le ton délicieusement corrosif. [...]

[Des] instants de vie qui, page après page, claquent et marquent. Des liens, durables ou fugaces, superficiels ou profonds, plaisants ou effrayants, qui ont en commun un soupçon de sadisme... Une cruauté dérangeante mais attirante, invitant à une lecture avide des malheurs qui peuvent âtre ceux de chacun. Des traîtres maux." Alinda Dufey


 

 

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Avec Elégie pour un phare, Dominique de Rivaz signe un essai cinématographique remarquable, aussi intime par son abord qu'universel par son propos. C'est que le hasard l'a amenée à vivre le deuil de son père dans le désert polaire de Choïna, quelque part dans le grand nord de la Russie. Confrontée à l'âpre lutte des végétaux pour subsister dans ce climat hostile, les sensations vivifiantes qui s'en dégagent, les rires d'enfants crânement insouciants ou encore l'espoir irréductible des naufragés des sables – sujet de son livre Les hommes de sable de Choïna – l'incitent insensiblement à se tourner du côté de la vie.
www.clap.ch/actualite

Dear Dominique,
Thank you so much for sending me the dvd for this lovely film. It really is a poetic and beautiful essay and personal journey, while at the same time revealing life in this remote and desolate location. How people manage to eke out a life in such conditions is a wonder and triumph of the human spirit. I am glad that my little tune could play a small part in this film. The best of luck with it. Best wishes, 
Guy Klucevsek, ACCORDION TRIBE

"Félicitations et merci ! J'ai adoré la beauté de ton film Elégie pour un phare, limpide, pur, avec tellement de niveaux reliés... Quelle œuvre magnifique, quelle artiste multiple et admirable tu es! Merci d'avoir fait cet effort, tu l'as réussi si fabuleusementm! Avec ce minimum de moyens ! J'ai toujours été très touchée par tes oeuvres. Ce soir plus émue que jamais..." 
Asuncion Pescador


Suis sans voix devant la beauté et la profondeur de ton film. Merci infiniment. Je vais retourner le voir (et entrainer tous ceux que je peux) pour encore et encore voir ces images, entendre le texte, écouter les images aussi... Je suis aussi bouleversée de ce que tu montres de la solitude et la tristesse des enfants. Encore une fois, merci et dans son sens sacré, de rendre grâce. 
Françoise Vonlanthen


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Naufragés des sables de Choïna

Simplement généreuse, Dominique de Rivaz. La cinéaste et écrivaine offre en partage les vertiges de ses abysses intérieurs, sans fard, sans calcul.

A la mort de son père, la Valaisanne établie à Berlin est partie dans le Grand Nord russe, où un petit village de la mer Blanche, Choïna, se meurt asphyxié sous les sables. Victime d’une pêche intensive dévastatrice pour les fonds marins, ce hameau de 300 âmes, qui fut autrefois une ville florissante, voit le désert gagner inexorablement du terrain, anéantissant tout signe de vie. Accrochés à leurs terres, à leurs racines, ces naufragés des sables luttent pour leur survie, totale- ment abandonnés par le gouver- nement de Moscou.

Pèlerinage, témoignage ou méditation universelle sur l’inéluctable? Ce moyen-métrage tourné contre vent et marée, aux images lentes à la limite de la photographie, est tout cela et bien davantage. Une œuvre improbable. Entretien avec l’auteure «d’un essai documentaire zen».

C’est la mort de votre père qui vous a menée chez «Les hommes de sable de Choïna»?

Oui, mon père était dans le coma. J’arrivais de Berlin pour le voir une fois encore et je suis tombée sur un reportage du magazine allemand «Mare», qui m’a bouleversée. L’une des photos, prises par Dmitri Leltschuk, semblait tirée du film de Tarkovski, «L’enfance d’Ivan». Le reportage parlait du phare de Choïna qui venait d’être éteint et de son gardien mis au rebut. Mon père aussi était un phare pour moi. Je me suis dit: «Il faut que j’aille là-bas, on pourra échanger nos deuils avec ce gardien de phare.»

Echanger vos deuils? Est-ce possible?

C’est la question que je pose dans le film, je n’ai pas pu y ré- pondre puisque le gardien était déjà parti à mon arrivée. Mais cette nature hallucinante de désolation vous nourrit. Le sable mange les maisons, un vieux cimetière recrache ses morts, les enfants jouent avec les ossements. Et pourtant, ici et là, les âpres végétaux de la toundra percent sous les dunes. Petit à petit, la paix entre en vous et le film se termine presque joyeuse- ment avec des portraits de gens qui sourient. C’était le moment de m’en aller.

Ce film relève de la démarche d’un artiste ou du processus de deuil d’une fille pour son père?

Difficile à dire... mais je crois que c’est avant tout la démarche d’un artiste. J’ai compris que j’étais venue dans ce lieu condamné à brève échéance cher- cher l’image primordiale qui donne du sens à mon travail de cinéaste. Je ne sais toujours pas où j’ai puisé la certitude que ce film devait se faire. Mais j’en étais tellement persuadée que j’ai entraîné des gens dans cette aventure alors que le projet n’était pas du tout abouti.

Qu’attendez-vous de ce film?

Par rapport à ma propre dé- marche, je crois que c’est trop tôt d’en parler. Le film vient d’être présenté au Festival du documentaire de Leipzig et la semaine passée, on l’a montré au Marché du livre de Moscou. Des gens pleuraient. Je ne savais pas comment les Russes allaient le recevoir, ils l’ont reçu comme partout ailleurs parce que c’est un film universel sur le deuil. Le deuil d’un lieu, d’un père, d’une lumière.

A votre retour à Berlin, vous aviez retrouvé la sérénité?

De retour à Berlin, j’étais en état de choc, j’ai dû me réhabituer à marcher sur l’asphalte, j’avais peur de traverser la rue. Choïna, où j’ai fait deux sé- jours de trois semaines, est complètement coupé du monde. Si je n’avais pas eu ce projet de film, j’aurais perdu la raison, tant on est livré à soi- même. Les habitants, très mé- fiants, ont mis du temps à s’ouvrir un peu. J’ai d’ailleurs tourné seule, avec un simple Nikon; un appareil photo me semblait moins intrusif qu’une caméra.

S’il y avait une leçon à retenir de cette aventure... une leçon de vie?

Ce lieu complètement tragique est à la fois d’une im- mense et infinie beauté. Ce lieu complètement dévasté montre comment le monde nous offre de l’art, comment la rouille redonne vie à des détri- tus... pour autant qu’on puisse regarder avec d’autres yeux que ceux du drame. La vie, la mort à fleur de sable, c’est une leçon de vie incroyable.

L'EXPRESS-L'IMPARTIAL 13.12.13


Les Hommes de sable de Choïna


 

 


Dominique de Rivaz - ROSE ENVY

Libération Supplément (Livres)

25 octobre 2012

Rose Envy, Zoé, 74 p.

rose_envy_startElle boit, diluées dans un verre de vin quotidien, les cendres de son époux défunt. Dites, c’est un mythe, n’est-ce pas ? Artémisia, reine grecque, aurait fait ainsi de son corps une sépulture vivante. C’était un mythe donc, une légende archaïque, classée sans suite par notre civilisation. L’anthropophagie amoureuse serait restée lettre morte. Un symbole obsolète dont notre imagination aurait gardé au mieux quelques instantanés, glanés dans des tableaux de maîtres. C’était avant Rose Envy. Avant ce court roman imaginant – dans un monde où les urnes ressemblent à des mugs et les messages d’outre-tombe s’affichent sur un écran tactile – le deuil d’une héroïne moderne qui progresse, par une mécanique implacable, vers cet acte cannibal.

Fatal et païen comme le devient le moindre détail prosaïque, à mesure de ses ricochets incisifs dans un récit parfaitement tenu. Si cette femme renonce à son mythe, le destin l’y repousse, plaçant en chemin ses nouveaux émissaires, chantres de l’interface, dissimulés sous un vers de Michaux, une page web détaillant l’ingestion de cendres, etc. Chaque nouvelle ellipse entame un looping plus hallucinant et Artémisia au XXe siècle est sacrément crédible, ce qu’elle s’apprête à accomplir bientôt indispensable. Dominique de Rivaz met sa peau sur la table et taille un costume neuf au néant. L.de.C.

 

"Dans sa brièveté comme dans son adresse poétique (la narration est à la deuxième personne), Rose Envy ne cesse de dérouter et de fasciner. Récit d’amours fusionnelles et cannibales (au moins symboliquement), le texte se contient, se retient et pourtant semble s’épanouir sans entrave. Le geste littéraire est précis et dense. Le personnage principal (le tu, l’autre), une jeune femme qui se mord les lèvres (on le fait aussi pour ne pas trop en dire), qui se mange la joue : une femme qui tombe amoureuse, qui enfante, qui porte le deuil. Avec toujours cette répétition de l’appétit et de la dévoration dans son désir, dont on ne sait trop s’il est refoulé, avéré ou transformé, elle porte un surnom paradoxal et parfait : Smoothie. La douce est brûlante et aiguë, hantée par toutes les amoureuses passées et à venir, mise en mouvement par une langue aussi classique que contemporaine. En filigrane, une autre amoureuse : Artémisia, qui mangea les cendres de son époux pour devenir son tombeau. Résumer ce livre est une gageure tant il est concentré et gourmand. Il n’y a pas un mot de trop.
Nils C. Ahl


EDELWEISS

par Linn Levy 24.9.2012

L’amour peut-il avoir les contours d’une robe de viande qui “donne corps à la chair” ? Ou s’inscrit-il dans l’intérieur légèrement, consciencieusement, rongé d’une lèvre adolescente ? Il ressemble en tous cas à Pierrot et Crotchon. A moins que la mort (et le destin) ne s’en mêle. “Je dédie le court roman Rose Envy aux femmes qui ont choisi, choisissent ou choisiront d’être le tombeau vivant d’un être qu’elles ont passionnément aimé” note l’auteur. Dans ce court et fulgurant roman, Dominique de Rivaz explore l’humain confronté à l’absurde : la bête n’est jamais loin.

 

Chronique de la rentrée littéraire

par Abeline 25.9.2012

Rose Envy, la couleur des lèvres au bord desquelles le roman de Dominique de Rivaz affleure dans un relent de vomissure suave et libératoire. La couleur de la chair, succulente de vie et de souvenirs, le corps de l’autre que l’on aime autant que soi, voilà les lieux de ce roman. Cette saveur sur la langue qui rassure sur la vie qui coule en soi, le sang. Dominique de Rivaz l’a mis dans ses mots. Elle irrigue son roman de cette sève qui deviendra poussière.

Dédié à toutes les femmes qui sont des “breathing living tombs”, Rose Envy a pour fondement un précédent lointain : celui de la reine Artémisia d’Halicarnasse. Epouse de son frère Mausole, elle décide à sa mort de lui construire l’une des sept merveilles du monde en guise de tombeau, mais fera de son propre corps le mausolée vivant de son amour en buvant les cendres de son mari petit à petit, dans un verre de vin.

Une femme, Smoothie, aujourd’hui, a choisi de perpétuer méthodiquement cet usage d’anthropophagie mortuaire. Elle fut d’abord cannibale d’elle-même, se rongeant de l’intérieur doucement pour souffrir et goûter le plaisir de son sang, de sa vie. Se digérer soi-même pour se rendre vivante dans un cycle éternel. En miroir, l’une, la pensionnaire vaque à sa manducation d’elle-même, l’autre, l’héroïne découvre cette faim de la vie. Insupportable description jusqu’à la nausée, merveille de la literature qui rend la vie délectable. Le lecteur sentira son coeur remonter à ses lèvres. Là, très exactement, où Dominique de Rivaz a posé le coeur de Rose Envy et probablement le sien.

Puis, l’amour vient et calme l’appétit d’elle-même de l’héroïne. Elle a faim de l’Autre. Même si elle conserve l’habitude de se faire un goûter de sa chair, un jardin secret à l’intérieur de sa joue, elle appartient à la vie, elle appartient à Pierrot. Un enfant naît, son ventre ne digère plus, il produit. Eclipse de bonheur, quelques pages. La mort reprendra tout, l’enfant, puis le mari. L’enfant d’abord. Elle cherchera à le faire revenir en elle, mais ne le trouvera pas. Le mari ensuite. Quand sa faim de lui sera appaisée, elle refleurira.

 


Sur les traces du Mur

Yves Petignat (Le Temps 17 septembre 2009)


La cinéaste suisse Dominique de Rivaz a suivi à pied les 155 kilomètres de ce qui fut le mur de Berlin. Elle en a ramené un livre sur la souffrance d’une ville.

C’est un voyage à la surface du temps. Une quête de gravats, de creux et d’espaces vides, de quelques cailloux et traces furtives, toutes sortes de tessons du passé que l’on peut ramasser au bord du chemin. Dominique de Rivaz s’efforce de les rassembler et de les recoller ensemble pour nous restituer 155 kilomètres de mur, un périmètre clos, hostile, sans début ni fin, qui, durant vingt-huit ans, a fait de Berlin-Ouest une île de l’Occident. Entre 2008 et 2009, la cinéaste suisse a parcouru à pied le chemin de la frontière, le Mauer­weg, comme un pèlerinage à la recherche du mur absent. Elle en a ramené des milliers de photos et un très beau livre, Le chemin du Mur/Sans début ni fin.

Où passait le Mur? Où commence-t-il? On est à l’Est ou à l’Ouest? Depuis ce 9 novembre 1989 où s’effondra la RDA, ceux qui résident à Berlin se sont fait poser ces questions des centaines de fois par leurs visiteurs. «Il y a une sorte de curiosité morbide pour le Mur, mais aussi toute naturelle. Je voulais en faire le tour pour m’en libérer, mais aussi pour voir où il en était, ce qu’il en restait», explique Dominique de Rivaz.

Curiosité morbide? Nous avons tous simplement besoin de comprendre, de toucher, même quelques traces infimes, pour rendre le passé réel. L’histoire ne se lit qu’à partir du présent. Même si, au fil des ans, le Mur s’est réduit à l’épaisseur d’une photo.

Rage des emmurés, effritement, dispersion, du Mur il ne restera bientôt plus que les traces de ruines. Une idée de mur. Le temps dévorateur. Mais la fascination et l’interrogation restent toujours les mêmes. Comment un régime politique, des êtres humains ont-ils pu concevoir, installer, développer et sans cesse perfectionner durant près de trois décennies un système aussi pervers, aussi redoutable et meurtrier, destiné à empêcher leurs propres concitoyens de partir?

«J’ai mis longtemps avant de partir. J’avais une certaine appréhension avant d’entamer ce que je ressentais comme une démarche sérieuse, importante. Comme d’entreprendre un pèlerinage. Et puis, c’est une voisine très âgée, aveugle, qui m’a donné l’impulsion. Et une fois sur le chemin, tu peux oublier tous tes plans. Le Mur fait de toi ce qu’il veut», explique la cinéaste, qui passe sa vie entre Berlin et la Suisse. Chaque matin, par tous les temps, elle reprenait son chemin à l’endroit abandonné la veille et soigneusement répertorié sur sa carte. Six ou dix kilomètres, parfois plus avec l’aller et le retour, le regard en alerte, le bruit de la ville, la solitude dans les larges laies tracées dans les immenses forêts berlinoises.

Car, on l’oublie souvent, le Mur ne séparait pas seulement l’est et l’ouest de la ville. A travers champs et forêts, banlieues isolées, lacs et canaux, une bande mortelle de 50 à plus de 100 mètres de large enfermait et isolait totalement les zones sous contrôle des Alliés occidentaux. Checkpoint Charlie, la Porte de Brandebourg, Potsdamer Platz, tous ces lieux aujourd’hui fréquentés par des millions de visiteurs, Dominique de Rivaz a réussi à les traiter avec intelligence, un humour légèrement décalé, évitant le piège à touristes. Mais la force de ses images vient des longues percées à travers les bois, des grandes avenues désertes, des immeubles borgnes et amputés, des routes coupées sans raison, du cimetière sans tombes, de cette ville qui s’arrête brutalement comme au bord du précipice. Au bord de la zone de mort, que la vie peine à reconquérir.

Des photos à hauteur du regard, fixées sur un horizon enfin débarrassé des obstacles. Des photos d’hiver, «car le dépouillement permet d’aller au-delà. Il met à nu le tracé de ce qui fut le Mur dans toute sa précision. Il permet de voir et de comprendre, vingt ans plus tard, les dégâts que ce système frontalier délirant a légués à la ville de Berlin», dit la cinéaste.

Est-ce la nudité des branchages, la boue des chemins ou l’immense solitude, sur la plupart des photos n’habitent que de très rares êtres vivants. La blessure ici est encore profonde, la plaie non cicatrisée, la souffrance prête à ressurgir. Nous avions parcouru au début de l’été quelques-uns des chemins empruntés par Dominique de Rivaz et c’est la force de la vie qui nous avait surpris. Les tranchées disparaissaient alors sous les feuillages. On voit bien ce que Dominique de Rivaz a envie de dire. Le Mur peut disparaître ici, à Berlin, pendant que les plaies se referment, d’autres murs se construisent ailleurs, avec les mêmes souffrances.

Des romantiques allemands, on avait dit qu’ils aimaient les ruines et les crevasses pour y loger leurs fantasmes. C’est une démarche que Dominique de Rivaz s’est formellement interdite. «Pas d’interprétation politique ou émotionnelle. Pas de condamnation. Un simple témoignage.»

Et, au moment de nous quitter, Dominique de Rivaz a encore un doute: «Je n’aimerais pas que cela soit pris comme un hommage au Mur. Mais un mur est un mur, peut-il être coupable des crimes que lui imputent les hommes?»

 


Mein Name ist Bach


Le Temps

Un petit miracle, enlevé et irrévérencieux.


Norbert Creutz, Le Temps

La Liberté, l’insolence, avec lesquelles de Rivaz dépeint la rencontre entre Bach et Frédéric II, sont une révolution cinématographique. (…) Un passionnant jeu du chat et de la souris entre un roi et un musicien. Sacha Guitry et Alexandre Dumas, pour qui on pouvait « violer l’Histoire à condition de lui faire de beaux enfants » auraient apprécié. Une vision du XVIIIe siècle qui échappe aux pièges de l’académisme sans tomber dans la désacralisation gratuite.


L’Hebdo

Une offrande musicale qui claque comme un camouflet. Bach à dos de chameau, une peinture d’Andy Warhol… Une œuvre incontestablement inspirée.


Frédéric Maire, L’Impartial

Une guerre des clans : celui de la musique (Bach et ses fils) et celui du pouvoir (le roi, son secrétaire et son chien). Pour son premier long métrage, Dominique de Rivaz fait avec rigueur et humour le portrait de deux hommes en quête d’absolu. Dans le chaos du déménagement de la cour qui s’apprête à quitter Sans-Souci, la folie d’une époque troublée où la culture et la violence étaient intimement mêlées. Un duel musical et psychologique entre deux monstres.


Lorette Cohen, Le Temps

Un élan de vitalité, un souffle de plaisir traversent ce film. Une offrande musicale joyeuse et violente. Un grand film intime.


La Liberté

Mein Name ist Bach n’a rien du film historique en costume auquel on pourrait s’attendre. Il emmène, avec grand dépouillement esthétique et narratif, dans une intimité particulière. Comme la musique de chambre, c’est un film de chambre. Un film intense, en plans rapprochés, car tout est question ici d’âme humaine.

 


Luftbusiness

L'HOMME RICHE - UNE FABLE DU XXIe SIECLE
QUE MONNAYER QUAND ON N'A RIEN ? UNE PARTIE DE SA VIE SUR INTERNET


Les choix du Monde - Edition du 21.03.10

Ce sont trois garçons marginaux qui, pour seule richesse, ont leur imagination, leurs rêves, et une poule, Gerdi, leur « garde-manger portatif », comme ils le disent affectueusement. A Hamlin, une ville allemande imaginaire, Moritz, Liocha et Filou survivent en échangeant leur sang contre un repas, en promenant les chiens du quartier ou en monnayant leur sperme.

Ils squattent une serre à l'abandon, baignée de lumière, dont le plafond à ciel ouvert favorise les pensées les plus folles dans leurs esprits vagabonds. Comme celle de vendre aux enchères sur Internet une part d'eux-mêmes : son enfance russe pour Liocha, son âme pour Filou, les trente dernières années de sa vie pour Moritz.

L'Homme riche (titre original Luftbusiness, que l'on peut traduire comme « le commerce de vent »), fiction au ton très original, empreinte de poésie, s'inspire de faits ayant réellement existé : la mise en vente de bribes de vie sur le Web.

Scénariste et réalisatrice, la Suisse Dominique de Rivaz avait en effet été sidérée de lire dans la presse, il y a quelques années, qu'un jeune Américain cherchait à vendre son âme sur le site d'enchères eBay. Il avait été suivi peu après par un étudiant anglais.

« Aucun des deux jeunes n'a revendiqué Faust - échanger son âme contre savoir, puissance, beauté, immortalité - mais une démarche gratuite et provocatrice, rappelle la réalisatrice. Le montant obtenu était trivial, il n'a pas dépassé le prix de quelques hamburgers. Les autorités d'eBay sont néanmoins intervenues et entravent depuis lors ce genre de transactions déclarées contraires à la morale. »

Mais comment survit-on à ce type de transaction ? Quels changements cela produit-il en soi et dans le rapport avec les autres ? Sans en avoir l'air, L'Homme riche est une fable du XXIe siècle, qui nous entraîne dans une réflexion philosophique sur ce que vaut un homme et le prix de la vie.

On se laisse volontiers embarquer dans cette histoire servie par des acteurs attachants, Tomas Lemarquis, Dominique Jann (Prix du cinéma suisse de la meilleure interprétation masculine en 2009) et Joel Basman, qui incarnent avec grâce des personnages extravagants. La musique, signée Martyn Jacques (The Tiger Lillies), accompagne avec justesse les déambulations de ce trio d'allumés, entre mélancolie et exaltation.
Sylvie Kerviel


Les chansons incroyablement denses des Tiger Lillies

Paulo Lobo, Luxembourg

Un film singulier, énigmatique, empreint d'une sombre mélancolie, transcendé par les chansons incroyablement denses des Tiger Lillies. Le film offre une vision stylisée d'une société post-civilisationnelle, cruelle, asphyxiante et clinique, un univers où chacun est laissé pour compte et où les humains semblent résignés à l'injustice et à la déchéance. En même temps, la réalisatrice pose un regard tendre et aimant sur une jeunesse abusée et désabusée, exploitée jusqu'à en perdre sa légèreté de funambule. Plusieurs choses intéressantes dans cette oeuvre : l'interprétation, en particulier celle du jeune Tomas Lemarquis, à la fois vulnérable et inquiétant, aérien et destructeur ; dans un second rôle, Thierry van Werweke, émouvant et tragi-comique ; une réflexion subtile sur le capitalisme et la spéculation à outrance qui le mine ; une façon très belle de filmer la ville et de donner de la poésie à ses différents espaces ; les chansons extraordinaires d'un trio anglais que je ne connaissais pas, les Tiger Lillies.


Luftbusiness, un film qui a charge d'âme

L’Hebdo

En 2002, un jeune Américain vend pour 400 dollars son âme sur eBay. Ce fait divers plonge Dominique de Rivaz dans une «durable perplexité» et lui inspire Luftbusiness. La notion d’âme est au cœur de la vie et de la création de cette cinéaste valaisanne. Ses activités professionnelles ou personnelles, comme le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, témoignent toutes d’un engagement spirituel. Ainsi que ses films, Aélia (1985), Le jour du bain (1994), Mein Name ist Bach (2003). Et aussi Douchinka, le roman qu’elle vient de publier aux Editions de l’Aire. Elle renonce à définir l’âme, ce «petit mot de trois lettres, presque ridicule». Elle ne l’explique que par la négative. «La perte de son âme voue l’être humain à l’absolue solitude.»

A Hamlin, grande ville allemande imaginaire, trois jeunes sans-abri luttent pour ne pas sombrer. Filou, Mo et Liocha dorment dans une serre abandonnée. Ils se réchauffent à la morgue. Ils se vendent par pièces détachées. Pour remplir leur estomac, ils se vident de leur sang, de leur sperme.

Le trio met aux enchères sur l’internet des valeurs immatérielles. L’enfance russe de Liocha, les vieux jours de Mo. Quant à Filou, il propose son âme... Ces offres trouvent preneurs. Les vendeurs touchent leur chèque. Fous de joie, ils échafaudent au cœur de leur serre, cette cathédrale de verre, un arbre de Noël avec des chariots pleins de victuailles. Et ils perdent la grâce. Comme ces violonistes des contes de jadis qui vendent leur instrument à un étranger et comprennent trop tard qu’ils viennent de céder leur âme au diable, Filou perd le feeling avec les chiens qu’il promène, perd le contact avec ses amis, perd le goût des aliments. Il est comme Peter Pan s’écriant: «J’ai perdu mes pensées heureuses, voilà que je tombe…». Amateur éclairé d’air guitar (Luftgitarre en allemand), Filou n’entend plus sa musique intérieure. Près du canal, il essaie vainement de tirer une mélodie de sa guitare gonflable. Rejeté, l’instrument inutile dérive au fil de l’eau, à moitié dégonflé, pathétique…

Puissance de l’imagination. Ancré dans la réalité la plus sombre, Luftbusiness s’élève à la dimension allégorique, baignant dans une lumière qui renvoie à l’or des icônes byzantines. En Russie, en Ukraine, en Estonie où elle a passé beaucoup de temps et noué les amitiés les plus fortes, auprès du réalisateur tadjik Bakhtyar Khudojnazarov (Luna Papa) dont elle a été l’assistante, Dominique de Rivaz a appris le pouvoir de l’imagination qui permet de survivre. L’enfance russe de Liocha, une icône d’Andreï Roublev (La Trinité) évoquent Tarkovski, un cinéaste qu’elle admire profondément.

Effarée par la violence sociale – ne vient-on pas d’inaugurer à Paris un cimetière pour les sans-abri? –, elle espère que la crise économique permettra aux gens de se recentrer sur les vraies valeurs: l’amitié, la solidarité, l’attention aux morts. En attendant, elle dote ses SDF d’ailes, elle fait de Filou, Mo et Liocha trois anges voués à la Chute. Voix androgyne qui se déchire au son d’un accordéon brechtien, la musique poignante des Tiger Lillies, trio de clowns tragiques anglais, exacerbe le sentiment de vague à l’âme qui imprègne le film.

Un concert pour les morts. Cette fable faisant la part belle au symbolisme suscite de violentes réactions. S’il est flatteur de «créer de telles déchirures», Dominique de Rivaz s’interroge sur les raisons de ce rejet. Nombre de spectateurs germanophones laissent entendre que Luftbusiness s’apparentant à un imaginaire plutôt latin, aurait dû être parlé en français. Ils exècrent les accents islandais, italien, alémanique des comédiens. Observant qu’à Berlin, où elle vit, huit personnes sur dix parlent avec un accent, la réalisatrice récuse le Hochdeutsch qu’on lui réclame.

L’autre grief concerne la prétendue «bondieuserie» du film. Contresens: porté par un mouvement ascendant, Luftbusiness procède d’un élan spirituel, distille même quelques emblèmes chrétiens mais ne relève en aucun cas du catéchisme. C’est juste un chant de compassion, une déclaration d’amour au prochain.

Mo ne connaîtra pas les vieux jours qu’il a vendus. Liocha perd l’amour de la petite employée de la banque du sperme, mais survit à la nuit de la solitude, parce qu’une figure maternelle le prend sous son aile. Quant à Filou, il n’est plus qu’une ombre. Mais, au final, la musique lui est peut-être rendue. Réconcilié, il joue de sa guitare imaginaire à la morgue, devant l’assemblée des défunts, ses semblables, ses frères, qui se lèvent pour l’écouter…


Luftbusiness ou « le commerce du vent »

cinema.ch

Luftbusiness se distingue par des touches burlesques qui rappellent certains films d’Emir Kusturica. De partout en effet transpire la vie, l’humour et surtout la tendresse, dans l’attachement par exemple que le jeune clochard russe éprouve pour sa poule pondeuse… de petites notes surréalistes, ou des exagérations subtilement absurdes, loin de ridiculiser le propos, apportent une dose de mélancolie au récit.


La poésie de «Luftbusiness»

Elsa Duperray, Le Temps

La réalisatrice Dominique de Rivaz présente un conte moderne truffé d amour. Il émane de Luftbusiness une grande douceur Une sensibilité déroutante. Quelque chose qui tient de l’amour tout simplement et dont regorge le nouveau film tourné dans un Berlin imaginaire. Luftbusiness est un conte moderne qui suit trois héros en marge de la société Il y a là Filou l’Islandais Tomas Lemarquis découvert dans Noï Albinoi albinos électrisant fan d’air guitare», Liocha, Joël Basman «un acteur zurichois à suivre de près» dit de lui la réalisatrice, un jeune Russe qui vend son sperme et son sang pour gagner quelques euros et Mo, Dominique Jann, qui échange lui aussi son rhésus négatif contre quelques sandwichs. Dans la vraie vie la société regarderait ces jeunes exclus avec méfiance et dégoût Ici chaque petite âme a du temps pour l’autre. Un mot une attention ces petits riens qui humanisent l’autre. Pour survivre, l’un des thèmes du film, Filou décide de vendre son âme sur e Bay, tandis que Liocha mettra aux enchères sa jeunesse et Mo ses années à venir.

Où se place la limite de l’expérimentation de soi, se demande Dominique de Rivaz ? La mise en scène tisse une poésie magique. Luftbusiness est une métaphore du danger de se perdre soi même dans l’esprit cynique du «tout se vend tout se marchande» rendu possible par l’avènement d Internet. Une œuvre intéressante.


Ravalez votre bave, ô crapauds et vipères de la profession

Blog Antoine Duplan Festival de Locarno

Sur nos monts quand le soleil est aux abonnés absents, la journée que le festival consacre au cinéma suisse prend l’eau. Faute d’activités en plein air, on se replie sur La Sala, pour la première de Luftbusiness.

Dominique de Rivaz est une cinéaste à part. elle vit à Berlin, son monde imaginaire doit plus à la spiritualité et aux contes qu’à la réalité sociale helvétique. Son premier long métrage, Mein Name ist Bach, avait suscité une polémique sanglante dans le microcosme, car Ruth Dreifuss avait octroyé à la cinéaste la subvention maximale, avant de recevoir le prix du meilleur film suisse en 2005. Ces antécédents excitent les médisances.

On chuchote que Luftbusiness est raté, un peu, beaucoup, catastrophiquement… Cessez là vos ragots, ravalez votre bave, ô crapauds et vipères de la profession: le film de Dominique de Rivaz est splendide.

On peut lui reprocher un rien d’emphase, de théâtralité, une touche de sentimentalisme allégorique peut-être excessive. Hormis ces broutilles, c’est une œuvre visuellement riche, vibrant de spiritualité et emplie de compassion, pour ne pas parler d’amour du prochain – incluant les chiens puisqu’un petit clébard à trois pattes trottine derrière les personnages. Peut-être est-ce cette dimension qui agace les petits marquis.

Dans une grande ville imaginaire, trois petits gars se serrent les coudes pour survivre. Dorment dans une serre abandonnée, se réchauffent à la morgue. Pour remplir leur estomac, ils se vident. Ils vendent sang et sperme. Rafael Lustig, dit Filou, promène des chiens. Liocha promène sa poule, son garde-manger, dans un sac ventral, Mo sert de cobaye à de nouveaux traitements pharmaceutiques.

C’est filou qui a l’idée de vendre aux enchères sur l’internet des bien plus intimes encore. L’enfance russe de Liocha, la vieillesse de Mo. Quant à lui, il propose de céder son âme au plus offrant. Dans le monde de fous qui est le nôtre, ces offres immatérielles trouvent preneurs. Les trois amis touchent leur chèque. Mais quelque chose s’est cassé. Filou, champion d’«air guitar» (Luftgitarre en allemand) n’entend plus la musique. Debout près du canal, il essaye vainement de tirer une mélodie de sa guitare gonflable. Il est comme ces violonistes dans les contes de jadis qui, pour manger, vendent leur violon à un riche étranger et comprennent trop tard que c’est au diable qu’ils viennent de céder leur âme. La guitare inutile dérive au fil de l’eau, à moitié dégonflée, pathétique…

Filou perd aussi le goût, comme Barabbas dans un conte gothique de Karen Blixen: sauvé par les cris de la populace, le brigand est désormais incapable de goûter un vin ou de désirer une femme. Il est comme Peter Pan s’écriant «J’ai perdu mes pensées heureuses, voilà que je tombe…».

Dans quel monde vivons-nous, qui laisse ses enfants chuter et sombrer les démunis? Telle est la question que pose Luftbusiness, cette fable animée d’un mouvement ascendant et baignée d’une lumière renvoyant à l’or des icônes byzantines. Au final, la musique est rendue à Filou. Réconcilié, il joue de sa guitare imaginaire à la morgue, devant l’assemblée des morts, ses semblables, ses frères, qui se lèvent pour l’écouter…


Peut-on tout vendre ?

Sur une idée intéressante, la Suissesse Dominique de Rivaz nous offre une fable poétique portée pas son épatant trio d’acteurs. Malgré quelques longueurs et un récit qui s’étiole vers une fin un brin confuse, l’univers créé est marquant (bravo au directeur artistique Stéphane Lévy). La froideur de la City s’oppose au côté organique des squats des pauvres et on remarque l’omniprésence du verre plus ou moins transparent, plus ou moins propre, comme un symbole des échanges. Une scène marque : lorsque le masque du clown Mo se fissure et qu’il raconte que s’il rit tout le temps c’est parce que s’il devrait prendre sa vie au sérieux, il craquerait. Voilà un film dont la thématique prend une acuité particulière en ces temps de crise financière et de remise en cause d’un système capitaliste qui a oublié l’élément central de son fonctionnement : l’humain. L’essentiel ne se trouve pas dans ce que nous désigne la société de consommation. Peut-on tout vendre, même l’immatériel ? Dominique de Rivaz se pose et nous pose la question.
[YG]